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Basses
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Dérivée de la contrebasse que plusieurs constructeurs essayèrent d'électrifier dès les années 30, la guitare basse électrique est créée par Audiovox en 1933 puis perfectionnée par Gibson, Rickenbacker, Höfner, et surtout Fender dans les années 50 et 60. Proche de la guitare dans sa forme, l'instrument propose alors 4 cordes tendues sur un manche fretté mais il ne tarde pas à connaître de multiples déclinaisons, à l'instar des guitares : basses acoustiques, électro-acoustiques ou électriques, frettées ou fretless, proposant pour certains modèles 5, 6, 8 et même 12 cordes.

Par Dmc le 11/02/2002
La basse électrique
Enregistrer la basse
L'enregistrement de la basse est très difficile à réussir. Il n'existe pas de recette miracle. Certaines bases et techniques seront néanmoins à tester jusqu'à trouver le son désiré.

Puisque vous avez lu les parties précédentes et êtes désormais l'heureux possesseur d'une basse, vous savez que la première étape est de se procurer une basse de bonne qualité, c'est a dire avec un son plein, une tonalité riche, avec un bon sustain, sans bruits indésirables.

N'oubliez pas qu'au moindre "loupé", même le plus infime, il faudra tout recommencer. Le mix final ne pardonne pas, même les plus petites erreurs. Seconde étape donc, maîtriser suffisamment l'instrument et les morceaux pour les jouer de manière précise sans aucune hésitation.

Le son d'une basse

Un son de basse est constitué de deux choses :
- Le transitoire (son résultant de l'attaque de la corde) : duber, piquer ou slaper (le plus dur à reproduire en synthèse!)
- La note : elle est constituée de la fondamentale et toute ces harmoniques (les harmoniques en synthèse sont souvent bien reproduites mais sur à peine 2 octaves)

L'ingénieur du son prêtera donc importance à respecter ces deux paramètres. Il est d'usage de traiter d'abord l'attaque pour éviter toutes saturations.

Avant de commencer

  Préparation de l'instrument :

1 - Montez des cordes neuves ou faites comme cet écossais qui les plaçait dans de l'eau bouillante pendant une demi-heure et les faisait sécher six a sept heures. Vous retrouvez ainsi un son "neuf ", pour un coût de 0.80 FRF. L'opération n'est pas renouvelable éternellement bien sûr. Le choix du type de corde dépend du morceau que vous jouez, et comme nous l'avons vu au début du dossier, c'est un élément très subjectif, dont vous êtes le seul maître.

2 - Assurez-vous que votre basse est parfaitement accordée. Il serait une insulte de préciser qu'il existe des appareils à tous les prix pour s'accorder très précisément. Cependant je précise que l'affinage ne serait complet sans vérifier les harmoniques. Des harmoniques fausses alertent de l'usure des cordes.

  Préparation du bassiste :

Relax et concentration, comme nous l'avons dit plus haut, car la moindre erreur est fatale. Les réglages effectués pour obtenir le son qui vous convient peuvent être longs et laborieux. Vous devrez faire de nombreux essais et recommencer à chaque nouvel enregistrement. Ces moments sont parfois stressants et, si vous enregistrez juste après avoir effectué ces tests, votre jeu s'en ressentira. Prenez votre temps et relaxez-vous entre ces deux activités. Mieux vaut enregistrer moins de morceaux ou prendre plus de temps, pour ne pas avoir de remords lorsque vous écouterez votre album final. Enfin, échauffez-vous en jouant suffisamment de gammes, en répétant le morceau suffisamment pour le connaître parfaitement.
Montage pour l'enregistrement

Vous disposez de trois possibilités :
- Brancher la basse directement sur la carte son ou sur la table de mixage
- Passer par un préampli type direct box
- Placer un micro devant votre ampli

L'enregistrement direct vous donnera le son de votre basse et plus de solutions de rechange sur vos réglages, particulièrement au moment du mix. En plaçant un micro devant l'ampli, outre le fait que votre enregistrement aura plus de "punch", celui-ci reproduira "votre" son basse et ampli.

C'est un choix que vous devrez faire suivant le type de morceau. Notez que vous pouvez toujours jouer avec les deux combinés. De même, si votre basse est active, testez l'enregistrement avec différents réglages, en commençant par mettre tous les réglages à 0 (sans égalisation, sans effet). Sinon, il reste les direct boxes qui ont de plus de succès avec leurs consoeurs simulateurs d'amplis.

Chaque montage vous donnera un son différent, une couleur différente à votre morceau. Expérimentez plusieurs branchements, testez les réglages avant de débuter un nouvel enregistrement. L'erreur souvent commise est, une fois trouvé le bon réglage sur le premier morceau, de garder le même réglage en pensant avoir trouvé le son "groove" de la basse. Prêtez-y autant d'attention qu'à la batterie. Si vous vous faites enregistrer par une autre personne, effectuez vous même les essais avec votre ingénieur du son. Aidez le à définir "vôtre son" sur chaque partie.

Testez aussi le son en variant la position de tonalité de votre basse (réglage des potentiomètres "tone" de la basse). Vous obtiendrez des résultats très différents. Au départ, réglez ces boutons en position "médium", pas trop de graves pour garder la clarté du son et pas trop d'aigus pour en garder la particularité "grave".

Enregistrement avec le(s) micro(s)

Si vous enregistrez avec un micro placé devant votre ampli, essayez d'utiliser deux micros. Le premier placé tout près du speaker captera "l'attaque" de l'instrument le second un peu en retrait, à environ 1,5 à 2 mètres. Ce dernier captera la totalité des sons, mettant en valeur la rondeur du son de la basse puisque celui-ci requiert de l'espace pour se développer.

En variant le positionnement des micros, vous pourrez obtenir un son beaucoup plus riche qu'avec un seul microphone ou qu'en branchant directement la basse sur la table. Vous pourrez régler les problèmes de phase entre les deux micros en répartissant vos sorties toujours en expérimentant jusqu'à retrouver "votre" son.

La compression

Une fois le matériel testé et préparé, vient le moment de l'enregistrement. La basse est un instrument difficile à enregistrer : la variation du volume et de la dynamique est très importante d'une note à l'autre. Pour régler ce problème il convient de bien régler le compresseur. (Voir la partie compresseur dans le dossier "prise de son").

La compression est essentielle à un enregistrement correct de la basse. Utilisez la sans hésitation, réglez l'attaque, et réduisez le souffle en utilisant le noise gate. La compression peut s'utiliser à différents moments. A l'enregistrement seulement, au mix seulement ou aux deux. Dans le doute, mieux vaut repartir son utilisation au moment de l'enregistrement et du mix final, avec un seuil compris entre - 10 dB et 0 et un ratio de 4:1. Au final, une bonne compression ne doit pas s'entendre.

Cas des compresseurs multibandes

Ce sont les compresseurs de nouvelle génération. Un des petits derniers est celui de TC Electronic. Ces compresseurs peuvent appliquer une compression différente sur différentes fréquences (trois pour le TC). Il est évident que ce genre d'appareils est très utile pour des instruments comme la basse. En effet, la puissance ou répartition entre les fréquences basses, médiums et aigües d'une basse n'est jamais homogène. Ainsi, pour mettre en avant des médiums (l'attaque de la basse), vous pouvez appliquer une forte compression de grave et une faible compression de médium. Étant puriste, je mets en garde à ne pas dénaturer non plus le son caractéristique de certaines basses comme la Fender par exemple.

NB : Une saturation n'est pas toujours audible à l'oreille au moment du mix. Veillez donc à garder une marge de dynamique lors de l'enregistrement pour ne pas être surpris.

L'égalisation

Pour la basse, il ne faut surtout pas "se préoccuper" des graves mais surtout des aigus et médiums. En effet on influe réellement sur la caractéristique (timbre) de la basse en mettant plus ou moins de médiums et aigus. Par exemple : pour une basse produisant un certain souffle, on peut facilement repérer la fréquence du souffle et supprimer ce dernier. Mais le réglage ne sera pas le même suivant le style de jeu. Dans le même exemple, supprimer le souffle réduirait l'effet de percussion du slap.

En ce qui concerne les graves : les résonances sont le problème majeur de la basse. Entre alors le débat du filtre 100 Hz : la résonance basse (pas unique pour cet instrument d'ailleurs) classique, le "wouuumm", perturbe beaucoup les enregistreurs tout d'abord car ils saturent, ensuite parce qu'au mix, cela couvrira les autres instruments.

On peut penser résoudre ce problème en coupant les graves à partir de la table de mixage. Apparaît alors un autre problème, puisque les notes graves sont l'essence même de la basse.

Les solutions sont diverses et combinées entre :

- le compresseur un peu plus fort, une atténuation douce de ces fréquences ou une coupure plus radicale mais avec un enhancer
- les fameux big bottom (je ne traduis pas!) qui restaure les basses mais sans cette résonance.
Cette dernière solution changera le son de basse, c'est évident, mais c'est peut-être une très bonne solution dans certains cas. Votre serviteur a acheté un Behringer 3200 (c'est un "big bottom" entre autres), et a un bassiste qui l'utilisait en live derrière un ampli EBS qui dispose d'un filtre coupe bas pour ces fréquences : avec ce "truc" il sortait un son particulier...

La panoramique

Pour la plupart, la règle est simple. Une basse se met au centre - équilibre entre gauche et droite. Le problème cependant n'est pas aussi évident quand on commence à mettre des effets sur cette basse. Citons bien sur les chorus et flanger mais également la reverb. La panoramique d'une basse doit souvent poursuivre comme objectif de faire rentrer la tête de l'auditeur entre les deux enceintes pour qu'il ait l'impression que le son l'entoure. L'impression de chaleur et de relief est alors immédiate. Attention, il ne s'agit surtout pas de mettre de manière objective ou subjective plus de puissance à gauche ou à droite mais de simuler avec les effets le relief et la chaleur.

Un truc de votre serviteur : reliez en direct le channel de la basse sur 2 channels de votre console. Sur le channel d'origine vous conservez à l'aide de l'égaliseur uniquement les fréquences graves et vous paneurisez au centre. Sur les deux channels destination, vous ne gardez que les fréquences hautes et vous peneurisez à fond gauche / droite. Vous ne mettez les effets chorus et/ou reverb que sur ces 2 channels Vous pouvez mettre un léger flange sur la piste d'origine. Écoutez donc le résultat. Vous pouvez également répartir sur ces deux channels plus d'aigus d'un côté et de médiums de l'autre.

Les derniers petits conseils

  • On commence par le son de la basse
  • On y rajoute la batterie pour que la base rythmique reste cohérente : attention en particulier aux kicks et autres sons graves de la batterie qui peuvent se recouvrir spectralement avec la basse
  • On rajoute les instruments d'accompagnement (synthé, nappes)
  • On met le même compresseur stéréo pour tout ce petit monde
  • Enregistrer une basse nécessite beaucoup de temps. Pour la mixer, multiplier par dix le temps d'enregistrement ! Alors, patience...
  • Les enceintes de monitoring sont souvent trompeuses pour les basses par rapport a une hifi.
  • Attention à vos oreilles : les big bottom génèrent des fréquences qui à haut volume sonore peuvent être destructrices pour les oreilles.
  • Pour savoir si une basse est bien en placée dans un mix final. Mettre à un volume d'écoute "type ascenseur". Si vous l'entendez (ressort), c'est que vous en avez trop mis.